mardi 11 mars 2008

Comment j'ai perdu un bras lors d'un combat d'épée

Nous nous saluons en silence. Son casque m'empêche de discerner avec précision les traits de son visage mais je perçois un regard fort et volontaire. Il a plus d'expérience que moi c'est évident, mais je suis bien décidée à mener ce combat jusqu'au bout. Nous nous tenons stables, en appui sur nos positions, l'épée pointée en avant en signe de défiance.

L'assaut est lancé : mon adversaire s'avance avec précaution, puis d'un mouvement rapide tente de m'assener un premier coup d'épée. N'étant pas surprise par ce premier affront, je pare son coup sans grande difficulté et me place à bonne distance pour l'atteindre. Il est sur ses gardes, prêt à réagir au quart de tour. Je lance alors une première attaque vers son épaule, il évite mon coup mais est un peu déséquilibré et se replace mal. J'en profite pour le viser à nouveau. Je bondis en avant, tenant l'épée à bout de bras. Il se recule en un éclair, puis contre-attaque avec une rapidité surprenante. Touchée ! Je pousse un cri de douleur... mon bras !

Voilà, c'était la version romancée de mon histoire. Dans les faits, mes cours d'escrime sont beaucoup moins romanesques, mais réellements palpitants. Trois séances gratuites, j'y ai eu droit grâce à mon Ecole... et j'y ai pris goût ! J'avance, j'attaque, je feinte, je recule, j'évite, je saute. Je me prends pour une héroïne d'un film de cape et d'épée, je dirige une troupe de valeureux chevaliers, je me bats en duel contre un vil ennemi. Touchée, je continue la bataille, je place le devoir et l'honneur bien avant ma propre vie... Il est agréable de se croire dans un de ces scénarios fantastiques, d'avoir l'impression de mener une lutte sensationnelle pour la défense de nobles causes. Je me sens fière de finir en sueur, crevée, esquintée, mais avec la conviction d'avoir bien combattu. Et j'attends alors avec impatience la séance suivante.

Malheureusement pour moi, les trois séances d'essai sont maintenant terminées et je ne suis pas sûre de pouvoir continuer, les tarifs n'étant pas négociés. Ma déception est donc à la hauteur de mes illusions. Pourtant, je suis sûre d'une chose : ce sport est passionnant et je sais que tôt ou tard je me battrai à nouveau en duel dans un cours d'escrime. Après tout, quand on aime manier l'épée on ne rend pas les armes aussi facilement !

3 commentaires:

MaX.. a dit…

Caro ! Si tu acceptes un assaut, je serais heureux de te faire perdre l'autre bras à l'occasion, avec courtoisie et bienséance bien sûr, comme l'impose l'étiquette de l'escrimeur.

Caro a dit…

C'est trop d'honneur que tu me fais là Max mais soit, j'accepte le défi ! Il ne nous reste plus qu'à fixer la date de notre duel... reste sur tes gardes et prends garde à toi !
PS: Gros bizoux

Anonyme a dit…

Les sports de combats sont les plus palpitants... on se sent vivre quand on donne tout ce qui est en soit... et on est heureux lorsque l'on a mené un combat jusqu'au bout sans jamais faillir... Je ressentais les même sensations quand je faisais du Karaté. Et combattre en se faisant un scénario dans sa tête est encore plus motivant... Des fois avec une amie, on se prenait pour des pokémons qui lançaient leurs assauts. C'était rigolo. Mais on préférait quand même s'imaginer grandes Karatékas japonaises durant l'ère Edo.

Pleins de bisous ma Caro.

 
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